La période romantique

Historique

 

Le contexte....
Cette musique a joué, surtout sous le second Empire, un rôle capital de vulgarisation et de démocratisation artistique lié à la création d'orphéons et de sociétés instrumentales ainsi qu'à l'ouverture de nombreuses salles de bal. Bien que ce mouvement trouve son origine dans la Révolution française, la vie musicale sous la monarchie de juillet avait davantage favorisé les spectacles lyriques, les salons de musique, les sociétés de musique de chambre ou de concert, genres éminemment plus élitistes.

 

Des compositeurs aujourd'hui oubliés

N'y cherchez pas de grands noms parmi ses auteurs. Elle émane plutôt d'une foule de petits maîtres totalement inconnus de nos jours: Schiltz, Forestier, Arban...etc (la liste serait fort longue). Ces musiciens étaient pour la plupart instrumentistes virtuoses et cumulaient souvent les fonctions de professeurs au Conservatoire, solistes à l'Opéra ou à l'Opéra-comique, d'éditeurs de musique ou même de facteurs d'instruments.

 

Airs à la mode, solos virtuoses et musique de danse

Les pièces qu'ils nous ont laissées pour petites formations de trois, quatre ou cinq musiciens vont des fantaisies et variations sur les airs à la mode jusqu'au solo accompagné qui permettait à l'instrumentiste de se dépasser et de briller de tout son talent, en passant bien entendu par les polkas et quadrilles destinés à être dansés. Bien qu'il ne s'agisse en général pas de "musique savante", cette production ne manque pourtant pas de charme. On peut même y déceler vers le milieu du siècle des oeuvres de facture plus élaborée telles que les quintettes de Jean Bellon par exemple.

L'âge d'or des fanfares

Les réformes entreprises dès 1845 dans la composition des musiques militaires (sous l'influence des inventions du facteur Adolphe Sax) et le phénomène social du kiosque à musique ont entraîné le dévelopement de ce type de formation qui pouvait compter de quatorze musiciens pour les plus petites jusqu'à plus de quatre-vingts pour les plus grandes. Le répertoire est composé à la fois de marches militaires et pas redoublés (fond de commerce de ces formations), de fantaisies sur les opéras à la mode (dont certains sont restés au répertoire), de danses de caractères alors en vogue telles que valses, polkas, polonaises ou galop mais aussi de pièces originales parfois de grande qualité...

Un siècle d'évolution pour la facture instrumentale des cuivres

Ceci a entrainé l'évolution de la technique et de la facture instrumentale comme par exemple l'expérimentation et la diffusion des divers systèmes chromatiques (pistons type "Stoelzel" puis "Périnet" sur les cornets et cors, clefs sur le bugle et l'ophicléide) parallèlement à l'emploi des instruments traditionnels naturels (sans pistons) ou du trombone à coulisse. Paris a d'ailleurs été durant toute cette période de relative prospérité économique (et cela malgré deux révolutions), le centre dominant de la facture instrumentale et de l'édition musicale. On y a vu l'apparition d'une multitude d'ateliers de facteurs et de très nombreuses maisons d'éditions.